Danh Nhân Lịch Sử Việt Nam

NGUYỄN BỈNH KHIÊM
( 1491 - 1585 )

trạng trình nguyễn bỉnh khiêm

Khiem (right) is shown here alongside Sun Yat-sen and Victor Hugo as a Cao Dai saint. (Source: Wikipedia)

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Prof. Nguyen Dang Thuc

Confucianiste Vietnamien, Nguyễn-Bỉnh-Khiêm, pseudonyme Bạch-Vân, était originaire de Trung-Am, dans la province de Hải-Dương. Il naquit en 1491 et fut orphelin de père de bonne heure, il reçut ses premières leçons d'initiation au confucianisme de sa mère, femme très cultivée. Adolescent, il entra à l'école d'un grand confucéen Lương-Đắc-Bằng, très instruit dans la métaphysique du Yi-King ou Livre des Changement. Après ses études, n'ayant pas envie de s'engager dans la société politique en temps de troubles et de désordres survenus à la cour des Lê décadents, il mena une vie retirée dans son village natal, donnant des leçons privées sur le confucianisme. Après l'usurpation des Mạc, l'ordre se rétablit à la cour et sur les insistances de ses disciples et de ses amis, Nguyễn-Bỉnh-Khiêm se décida enfin à se présenter au concours officiel, à plus de quarante ans, et fut reçu premier docteur, en 1535 sous le règne des Mạc. Il remplit les fonctions de ministre de la Justice avec le titre de marquis Trình-Toàn, puis ministre de l'Intérieur avec le titre de Đốc-Trình, d'où l'appellation populaire Trạng-Trình ou Premier Docteur Trình. Après une courte mais brillante carrière administrative, il se sentit vite las de la vie mondaine conformiste. Il se retira à son village natal pour se consacrer à son enseignement à domicile et à la contemplation de la nature.

Dans sa vie champêtre avec ses paysans bons et simples, il participa aux oeuvres sociales en faisant construire des ponts au bord de la rivière Tuyết pour les piétons, un abri relais pour les voyageurs en face duquel il fit ériger une stèle en pierre dont l'inscription qu'il composa lui-même porte le nom " Trung-Tân " ( Rivage central ou Rivage de l'Invariable milieu ). De temps en temps il accompagna son ami bouddhiste en pèlerinage au mont An-Tử, berceau de l'Ecole Tch'an ou Dhyana des Trần, " La Forêt des Bambous ". Au milieu de la lutte intestine qui divisa la nation entre les puissances rivales, les Mạc, les Trịnh, les Nguyễn usurpateurs et légitimistes, soutenant la restauration des Lê , Nguyễn-Bỉnh-Khiêm se tint au-dessus de la mêlée, jouissant des considérations de tous. Ils le consultèrent au moment critique sur des problèmes politiques difficiles, et tous, ils apprécièrent hautement ses conseils et avis .

Il mourut à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans en l'année 1585. Ses disciples nombreux l'honorèrent du titre posthume de " Tuyết Giang Phu-Tử " ( Maître-sage de la rivière Tuyết ).

Comme la plupart des philosophes existentialistes chinois, Nguyễn-Bỉnh-Khiêm qualifié de métaphysicien vietnamien, n'exposait pas ses idées en système raisonné mais se contentait de vivre ses idéaux dans l'action et la méditation. Et il traduisait ses expériences dans ses écrits inspirés en chinois et en langue nationale comme chez Nguyễn-Trãi dont il aurait dû subir l'influence. De ses milliers de poèmes, on conserve à l'heure actuelle quelques centaines parmi lesquels on peut lire sa pensée sur la conception du monde et ses sentiments de la nature.

Son inscription sur la stèle portant le nom " Trung-Tân " (Rivage Central) nous révèle sa foi profonde dans la bonté originelle de la nature humaine .

" La nature humaine est naturellement bonne. En s'imprégnant d'impuretés terrestres, en se couvrant de désirs matériels, la bonté originelle ne conservera plus parfaitement sa nature première. On commettra tous les actes, orgueilleux, parcimonieux, criminels, méfaits de toute sorte... cependant la raison divine originellement dans le coeur humain n'est jamais définitivement morte " ( Trung-Tân quán bì minh )
Cette conception de l'univers moral rappelle ce qui est écrit dans l'un des quatre principaux classiques du confucianisme, le Livre du Centre Invariable, Tchoung-Joung :

" La volonté du Ciel s'appelle Nature, suivre la Nature s'appelle Voie de la Vertu, perfectionner la Voie ou la Vertu s'appelle Instruction ".
_ ( Trung-Dung )

Seulement Trạng-Trình avait changé le titre Tchoung-Joung ci-dessus en Tchoung-Ts'in ( Trung-Tân ) " Rivage central " et il s'expliquait :

" Tchoung ( Trung ) veut dire ' Centre ', accomplir sa bonté naturelle est ' Centre ', ne pas accomplir sa bonté naturelle n'est pas ' Centre ', ignorer le lieu où l'on doit s'arrêter, on est sur le ' Rivage d'Illusions ' d'où la signification du nom donné au Relais-Abri... La signification du mot Tchoung ( Trung ) réside là où se trouve la plus haute perfection. Si vraiment on peut le prendre pour rivage à atterrir, et savoir où est le rivage à atteindre, alors tous les actes qu'on accomplit seront parfaits et leur effets bienfaisants, incommensurables" _ ( Inscription sur la stèle ).

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